Les DGS, le sénat et nous

Au 22 septembre 2025, une super idée a émergé des cerveaux survitaminés des élus droitos du sénat (Inutile de préciser leur affiliation politique, vu c’est la majorité qui squatte la chambre haute depuis Mathusalem.).

Alors, qu’est ce que nos génies sans bouillir ont bien pu nous pondre?

Apparemment pas grand chose, une p’tite modif, trois fois rien. Nos sénateurs ont juste proposé qu’on puisse embaucher des contractuels à un poste complètement anodin dans nos collectivités: ni plus ni moins que celui de DGS.

Quoi que c’est un directeur général des services? C’est un fonctionnaire territorial qui drive le personnel d’une collectivité, il fait le lien (le tampon?) entre le politique et les agents, c’est en quelque sorte le consiglieri du parrain. Il applique les décisions du politique en s’assurant (dans le meilleur des cas) de la faisabilité légale et technique de celles-ci.

Alors pourquoi les sénateurs veulent-ils en faire des contractuels? Et pourquoi ça pose problème?

Déjà parce que le rêve de tout bon sénateur c’est de pouvoir un jour cumuler les mandats exécutifs locaux et les mandats législatifs nationaux. Revenir au temps béni des sénateurs-maires, au temps béni où les barons locaux pouvaient se pavaner au national. En soit, ce n’ est jamais qu’une orientation politique chère à la droite française.

 

Seulement quand le rêve de politiques va contre la séparation des pouvoirs, ça les met dans une situation intenable: ils deviennent juges et partis quand il s’agit de proposer des lois relatives à l’organisation de la fonction publique territoriale.

Ensuite, cette proposition est un souci en elle-même. Elle propose ni plus ni moins que de précariser un poste à responsabilité dans nos collectivités. Déjà que les DGS ne sont pas sûr de passer le mandat si les élus de sa collectivité venaient à ne pas être réélus.

 

Déjà que leur poste ne sentait pas la sécurité en cas de changement, là au moins, un élu qui veut éjecter un DGS qu’il juge périmé n’aura pas à se donner la peine de faire pression sur lui ou de trouver un prétexte, il lui suffira de prononcer la phrase magique: “fin de contrat!”.

Au delà de ces menus détails, on a abreuvé, en tant qu’agents lambda, de la technicité du métier de DGS. Et là on nous propose d’embaucher des contractuels sans concours? en catégorie A? Tranquille… C’est les copains qui vont être contents! Ils vont pouvoir mettre un pied dans la porte pour peu qu’ils continuent de plaire. Au pire, s’il se surprenaient à l’ouvrir un peu trop, ils pourront pantoufler en local, à la façon d’un ministre qui ne dépassera pas un an en responsabilité…

Décidément, le système se reproduit là où on écrase le statut. Une fonction publique sans règles propres avec des postes clés occupés par des gens qui auraient d’autres intérêts que celui des usagers, noyés dans la tambouille politique et le clientélisme le plus crasse.

Si avec ça on espérait sauver le service public